Portrait/Gazette du Midi

Il ne peut pas se promener dans une ville sans son boîtier: « c’est impossible ». Forcément, Dominique Viet est photographe. Toulousain d’adoption depuis plus de 25 ans, il a « toujours aimé l’image». Dirigeant de sa propre société de « photographie d’une autre dimension », VietWall, dans laquelle il travaille aux côtés de son épouse Penelope Wall depuis plusieurs années.

 

Dominique Viet, dont les clichés aériens sont devenus incontournables à Toulouse et dans la région, a commencé « à faire de l’image » vers 13 ans, en région parisienne où il a grandi. Sa carrière débute «vraiment avec ma venue en Midi-Pyrénées », à l’âge de 22 ans. Lors d’un séjour à Montségur, en Ariège, il a «un coup de coeur», et se dit: «je reviendrai ». Il ne lui faut pas longtemps puisqu’il débarque quelques mois après pour s’y installer. Il rencontre un Parisien qui installe un labo à Foix et devient son associé. «C’était un petit comptoir de photographe de ville, au marché restreint et j’ai rapidement eu envie de m’ouvrir à Toulouse et la région. »

 

En 1989, il part seul s’installer à Toulouse, la ville qui l’a depuis adopté, professionnellement comme personnellement. Il fourbit ses premières armes de photographe professionnel indépendant dans le milieu du golf – sport qu’il pratiquait un peu en Ariège et qu’il affectionne – pour Master Golf etFigaro Madame entre autres. Ce qui lui permet, pendant trois ans, de voyager en suivant tous les grands tournois ainsi que la mode et le tourisme qui gravitent autour.

 

Dans les années 90, il décroche ses premières missions au service du tourisme. Il développe ainsi de belles collaborations qui se poursuivent sur le long terme, comme par exemple avec le Comité régional du tourisme (CRT) avec qui il travaille depuis cette époque. De quoi alimenter régulièrement sa photothèque. Ces dernières années, il a réalisé la campagne des Grands Sites. Un tel partenariat, c’est pour lui «une marque de confiance et de fidélité à mon travail ».

 

Ce qu’il retrouve dans d’autres échanges, comme avec le barreau de Toulouse depuis 12 ans ou le Stade toulousain depuis 2003. Petit à petit, son angle de vision s’est agrandi. Son truc à lui, la touche qui fait reconnaître les photos de Dominique Viet parmi d’autres, c’est l’aérien. Un axe qu’il a développé depuis 1998, en commençant par la chaîne pyrénéenne en hiver, après avoir fait des essais de vol en paramoteur. Comme cet homme a aussi du coeur, ilréalise, en 2004, l’ouvrage Toulouse vue d’en haut, au profit de l’association Enfants et santé France Sud. «Des livres d’en bas, il y en a plein, alors on a fait un livre d’en haut», s’amuse-t-il. Plus de 10000exemplaires ont été vendus, récoltant 100000 € pour l’association.

 

Sur cette lancée, suivent sur le même principe Paris vue d’en haut pour Les pièces jaunes; la Vendée pour Handi espoir; Barcelone et le golfe du Morbihan «pour le plaisir». Au total, plus de 180000€ ont été versés à des associations caritatives. Son dernier livre, il l’a flashé en 2011, pourle Grand Toulouse, en survolant toute l’agglo et ses chantiers, Perspectives urbaines: «c’était génial, on a volé au-dessus des nuages.»

 

Dominique Viet est aussi un photographe moderne: «on fait de l’image, mais on la travaille », confirme-t-il. L’évolution se fait au gré de la technique. « Dès qu’il est sorti, j’ai pris le pas du numérique: c’était l’avenir! J’ai toujours investi et renouvelé mon équipement pour être à la pointe, assure-t-il, par amour du matériel; c’est mon outil de travail, même si la photo, c’est l’oeil, le cadrage et l’émotion. » Le professionnel y trouve un autre intérêt: «pour faire du tirage de plus en plus grand ».

 

Avec son épouse Penny Wall, qui travaille à ses côtés depuis 2005 – d’abord dans l’agence 361° créée en 1996, devenue en 2008 VietWall -, il développe en effet un service auprès des entreprises : la déco murale, via sa base de données photographiques qu’il « continue d’alimenter ». Elle, ne fait pas de photo, mais « joue avec les siennes, tout le temps!» Ce créneau, lancé au départ essentiellement avec des photos aériennes et des panoramiques pré-imprimées, s’est enrichi de toute sa photothèque et est devenu depuis 2009 du « sur-mesure ».

 

Penny Wall réalise «des mises en scène sur les murs des entreprises, des hôtels, des restaurants, des cliniques…» Dans diverses matières, du plus petit format: 55/75 cm; au plus grand: 2/3m. Dominique Viet fait évidemment du studio, comme tout photographe (dans son atelier de la rue Saint-Ferréol où une belle galerie a été créée depuis 2009) et des reportages plus classiques (book d’un métallier ou suivi de chantier d’un promoteur, portraitd’un chef d’entreprise, trombinoscope d’une société…). Mais il aime aussi « remporter quelques défis», tels que la bâche de 4400m2aux couleurs d’Airbus déployée sur la place du Capitole en 2007 ou la reproduction du rouleau chinois – 24m dans une plaquette de 3m! – qui a obtenu la meilleureenchère française à Toulouse pour l’année 2011, sous le marteau de Me Labarbe. Et ce qu’il adore, c’est « faire des villes; j’essaie d’en faire une par an». Après Londres, New York et Barcelone, il va photographier Hong Kong au mois de mai et sûrement Berlin en 2013.

 

Dans ce panorama, qu’est-ce qui plaît le plus à l’oeil du photographe? «Tout! Et surtout, la rencontre qu’il y a derrière, à chaque fois. » Toutes ses photos deviennent alors des portraits: de personnes, de villes, de lieux d’exception, de sites industriels… Des clichés dont les sujets parlent.

 

Mélanie Moncassin, la gazette du Midi